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Emmanuel Macron veut réformer la haute fonction publique

Le chef de l’État a annoncé, lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, son souhait de réformer le système des affectations à la sortie de l’École nationale d’administation (ENA).

par Marie-Christine de Monteclerle 26 janvier 2018

« La dépense publique n’est en soi ni un bien ni un mal, mais c’est sur ses résultats que nos concitoyens la jugent. » Lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, le 22 janvier, le président de la République a présenté sa conception de la transformation de l’État et de l’avenir du service public et de la fonction publique.

Devant les défenseurs des deniers publics que sont les magistrats de la rue Cambon, Emmanuel Macron a insisté moins sur la réduction des dépenses – même s’il a réaffirmé son engagement en la matière – que sur le sens de l’action publique. Car « c’est sur des politiques publiques, sur leur efficacité d’ensemble, que le débat démocratique doit porter et non uniquement sur des lignes budgétaires ». La démarche Action publique 2022 vise donc à revoir « la structure même des politiques publiques pour redonner de l’efficacité à la dépense publique ». Elle va entrer dans une phase active avec un comité interministériel de la transformation publique début février. Ensuite, et jusqu’à la fin du quinquennat, « chaque semaine, en conseil des ministres, il sera rendu compte des réformes conduites, ministère par ministère ».

Il faut « que les fonctionnaires des grands corps se frottent au réel »

Le président de la République refuse la dichotomie entre ceux « qui n’aiment pas la fonction publique et souhaitent faire des coupes » et ceux « qui la défendent pour ne rien en changer ». La transformation de l’État doit « redonner le sens et la fierté de l’action aux agents publics ». Et ceci passe, a-t-il estimé sans davantage de précisions, par la « rénovation du cadre social, avec les agents publics ». Il a évoqué « plus de liberté, plus de souplesse » ou encore une « administration plus déconcentrée, plus responsabilisée […] à qui on donne justement des latitudes d’action en termes d’organisation budgétaire, ou des services à qui on donne plus de reconnaissance, et des rémunérations qui pourront être aussi différentes ».

Le chef de l’État a été, en revanche, plus précis sur ce qu’il attend des hauts fonctionnaires qui « auront une responsabilité et un devoir d’exemplarité accrus ». La haute fonction publique doit devenir un « secteur d’attractivité pour les talents de notre économie, avec un cadre déontologique clair permettant le passage entre le public et le privé ». Il souhaite également « profondément changer les entrées de carrière et les débuts de carrière ». Il faut « que les fonctionnaires des grands corps se frottent au réel, choisissent des postes difficiles, relèvent les défis du terrain à chaque étape de leur carrière ». Et donc « que la sortie de l’ENA comme la carrière durant les premières années d’exercice puissent être modifiées pour tenir compte des priorités gouvernementales ».

Pour autant, les grands corps – et en particulier la Cour des comptes – ont assurément un bel avenir dans l’État transformé d’Emmanuel Macron. Il compte sur elle, bien sûr pour ses missions de contrôle et de jugement, qui deviendront d’autant plus important quand les gestionnaires publics auront davantage de marge de manœuvre. Sur ce point, il a déclaré partager la volonté exprimée par le premier président, Didier Migaud, d’ouvrir une réflexion sur la responsabilité des ordonnateurs et l’évolution de la Cour de discipline budgétaire et financière. Mais il demande aussi à la Cour de jouer un rôle central, en appui du Parlement dont il souhaite développer les pouvoirs en la matière, pour l’évaluation des politiques publiques.

 

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